Suite aux nombreux messages d’encouragement, mais également ceux demandant plus de transparence par rapport aux personnes constituant le projet, nous souhaitons vous expliquer plus en profondeur quelles sont nos motivations et projets pour l’avenir de cette Fédération.

Ce projet était destiné, à la base, au monde du toilettage, qui est ma profession depuis plusieurs années dans la Région d’Ham-sur-Heure. Ce métier est merveilleux mais, comme beaucoup de professionnels, je suis confrontée tous les jours à une certaine réalité qui me fait sentir chaque jour plus responsable et investie à une cause qui me touche : le Bien-être des animaux.

Comme dans beaucoup de professions, nous pouvons trouver le pire comme le meilleur… A part que dans nos métiers, nous manipulons un nombre incalculable de canidés et les conséquences peuvent être désastreuses (tant physiquement que psychologiquement) si une bonne formation n’a pas été suivie au préalable.

L’idée de rassembler, à l’intérieur d’un même réseau de qualité, les différentes professions composant le secteur animalier, et répondant à des normes qualitatives strictes, m’a travaillée pendant des mois. Je suis allée voir la Région Wallonne afin de voir comment mettre ce projet sur pied. J’étais encore seule à l’époque, et loin de m’imaginer la tournure que ça allait prendre, de façon tout à fait naturelle.

Pour commencer, j’avais besoin de savoir si les autres salons me suivraient et j’ai été surprise de constater que beaucoup d’entre-eux souffraient d’une « concurrence » sans scrupules et hermétique au Bien-être de nos petits clients. Nous nous sommes également rendus compte que beaucoup de négligences « non volontaires » étaient dues à un problème financier et que notre métier, à terme, allait probablement devenir de l’ordre du luxe. Beaucoup de propriétaires aiment réellement leur animal de compagnie mais leur situation ne leur permet pas de s’en occuper comme ils le voudraient. Et j’ai du mal avec ce genre de phrase : tu n’as pas d’argent, tu n’achètes pas un animal !!!! Ce sont souvent des personnes qui souffrent de solitude faute de moyens, et qui ont besoin d’une compagnie pour se sentir vivants et utiles pour quelqu’un. Je pense notamment aux personnes pensionnées qui ont travaillé toute leur vie et qui se retrouvent sans pouvoir d’achat, et bien souvent seules. Nous en avons tous dans nos salons et comment ne pas être sensibilisés à cela ? Nous connaissons tous des personnes malades, dépendantes d’allocations minimums qui les coupent de toute vie sociale, et j’en passe….

Une évidence est apparue : si nous voulons réellement améliorer la condition animale, nous devons également améliorer celles de leurs maîtres. L’une ne va pas sans l’autre !

Le concept des « chèques service » est né mais comment le financer ? Où trouver l’argent sans devoir demander des cotisations astronomiques et de nouveau « taper » dans les poches des professionnels adhérents ? Comment faire pour ne pas dépendre de subsides de l’Etat ? Cela aurait peut-être possible pour ceux ouverts depuis longtemps mais les plus petits et les plus jeunes d’expérience ? N’étais-ce pas un moyen supplémentaire de leur compliquer encore plus les choses ? Allions-nous devoir renoncer au qualitatif faute de cotisations trop peu nombreuses ? Quel sens aurait donc encore ce projet; si beau à la base ?

Le seul moyen d’y parvenir fut donc de commercialiser une gamme d’accessoires dont les bénéfices seraient intégralement reversés à un Fond social destiné à financer nos fameux chèques. En tant que Label belge, il était inconcevable de faire fabriquer nos produits à l’étranger. Il est grand temps de se recentrer sur notre économie et faire tout notre possible pour la redynamiser. Je suis convaincue que nous devrions tous penser dans ce sens aujourd’hui….

Lors d’une de mes première visite professionnelle dans un centre d’éducation canin de Charleroi, je fis la rencontre de Frédéric Sartenaer qui fut très importante dans ce projet qui n’était qu’à ses débuts encore. Nous avions la même conception du métier et son énergie, comme ses valeurs, ne pouvaient qu’apporter un plus à cette Fédération. Il a donc intégré le projet  Canifed tout naturellement et nous avons décidé de faire tout notre possible pour que cela fonctionne. Même si nous étions conscients des difficultés et de la masse de travail bénévole supplémentaire que cela allait engendrer, nous avons foncé. L’enthousiasme et le soutien de nos premiers adhérents nous ont aidés à faire évoluer sans cesse le concept.

Nous n’avons pas fait ça pour l’argent, comme sous-entendu dans des posts qui nous ont parfois blessés. Je dirais même que c’est le contraire, tout a été mis en place avec nos propres deniers. Notre première préoccupation aujourd’hui, est de récolter assez de fonds pour mettre en place toutes nos idées d’une part, et de pouvoir engager des personnes qui contribueront à la gestion et la promotion de cette Fédération d’autre part. Si nous pouvons dégager un petit salaire plus tard tant mieux, mais ce n’est vraiment pas à l’ordre du jour. Je parle bien d’engagement avec contrats à la clé car nous sommes convaincus que le bénévolat aujourd’hui devient très difficile, les temps sont durs pour tout le monde. Nous ne pouvons pas nous permettre d’agir selon des bénévoles potentiels et dépendant de dons éventuels !!! C’est un projet sérieux, qui doit être structuré et organisé. Pas de place pour des probabilités et des “peut-être”… Trop d’associations se sont épuisées à cause de cette philosophie, nous avons travaillé trop dur pour prendre un tel risque. Concernant les comptes, ils seront visibles officiellement et les répartitions des budgets se feront en accord avec les partenaires et comité.

Nous avons eu également des interrogations par rapport à la visite faite chez notre Ministre Carlo di Antonio. Cette visite était destinée à plaider la cause des toiletteurs et toiletteuses qui voudraient que leur métier soit enfin reconnu et légiféré comme n’importe quel métier. Cette rencontre a été très positive et nous ne lâcherons pas l’affaire ! On nous a promis des choses et nous les obtiendrons, nous vous l’assurons ! Pour la première fois, des centaines de professionnels de tout horizon décident de s’allier à travers un réseau commun. Pour la première fois, un réseau professionnel allie qualitatif, sociétal et animal. Si nous voulons être efficaces, il faut regarder le problème sous tous ses angles.

Nous avons intégré dans ce projet la fondatrice de Dog’s kitchen, connue et reconnue par Saint-Hubert pour son alimentation de haute qualité. Elle travaille aussi avec nous de façon complètement bénévole… après ses 60 heures de travail par semaine pour son projet! Elle a lancé une gamme de « rations alimentaires » pour chiens, complètement naturelle et fourmille d’idées pour la suite des évènements.

Nous entamons le volet comportementalistes – éducateurs fin de ce mois, et ensuite les vétérinaires, les pensions et les éleveurs. Nous avançons étape par étape….région par région. Notre objectif n’est pas d’avoir un maximum d’adhésions, mais de pouvoir proposer un panel de professionnels couvrant toutes les régions de Belgique.

Nous devrons former, à court terme, un comité représentant chacun des métiers, le but étant d’avancer ensemble, mettant en commun nos expériences, compétences et projets.

J’espère avoir été plus transparente et je reste à votre entière disposition pour toute explication supplémentaire….

Canifed vient de voir le jour et n’a pas encore soufflé la bougie de son premier mois de vie, un peu de patience et vous découvrirez l’énorme potentiel de cette formidable ASBL

Stéphanie.

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